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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 11:55
2- Période Berbère

Le prince ziride  Ibn-Badis finit par secouer la suzeraineté des khalifes Fatimides en 1048. Pour se venger de son vassal révolté, le commandeur des croyants lança sur l’Ifriqia deux hordes arabes : les tribus des Hillal et des Soléim* qui ne vivaient que de brigandages, et qu’il avait dû jusqu’alors reléguer la haute Egypte. Les envahisseurs ravagèrent tout sur leur passage : ils emportèrent, pillèrent et détruisirent de nombreuses villes. En peu de temps les fertiles territoires de la Tunisie furent transformés en « terrains de parcourt » par les nomades hilaliens, qui y promenaient leurs tentes, en conservant le mépris du travail. De leur coté, les berbères ou Kabyles, conservant leur amour de la liberté et leurs habitudes laborieuses, se refugièrent dans les montagnes et dans les lieux retirés.

Enfin, la plupart des cités se proclamèrent indépendantes : Bizerte se livra à un aventurier arabe, appelé El Ouerd, qui essaya, sans succès, de mettre fin à l’anarchie (1062).

 

Heureusement, les Hillaliens n’ayant plus rien à piller, se divisèrent entre eux, ce qui permit aux Zirides de recouvrer peu à peu leur autorité : le prince Témîm réussit à conquérir successivement presque toutes les villes qui s’étaient émancipées. Mais, quelques années plus tard, les Normands de Roger de Sicile chassèrent les Zirides de la plupart des places de la Tunisie : Bizerte cependant leur résista courageusement et parvint à les éloigner.

 

Le dernier des Zirides, El Hassen, se refugia alors auprès du khalife Abd-el-Moumène, d’origine berbère et de secte « Almohade » (disciples de l’unité d’Allah), qui gouvernait le Maroc, l’Algérie et l’Espagne. Ce grand conquérant réunit une forte armée, et en moins d’un an il eu soumis la Tunisie (1159-60).Les arabes se soulevèrent bientôt : un prince arabe Ibn Ghania, relégué à Majorque par les Almohades, débarqua à Bougie (Bejaia en Algérie), appela les Hillaliens à son aide, et emporta de vive lutte la plupart des villes Tunisiennes : Bizerte fut prise d’assaut après un siège d’un mois (1202) ; l’usurpateur triomphant nomma partout des commandants de son choix, et leva de lourdes contributions de guerre. Bizerte du pays un tribut de un million de pièces d’or.

 

Mais les troupes almohades revinrent en Tunisie, battirent les arabes et les déportèrent en partie : pendant quelques années le pays put jouir d’une paix et d’une tranquillité depuis longtemps inconnues (1207).



 

 



En regangnant le Maroc en 1207, le khalife almohade confia à un de ses lieutenants, le berbère Abou-Mohammed-Ibn-Hafs, le commandement général de la régence. Un des fils de ce vice-roi, Abou Zakaria, se proclama indépendant à Tunis, en 1236, et fonda la dynastie Hafside.

 

C’est sous le fils et successeur d’Abou Zakaria qu’eut lieu la croisade de Saint Louis ; elle se termina le 21 septembre 1270 par un traité dans lequel, pour la première fois, la France se posa en protectrice des intérêts généraux de la chrétienté en orient.

 

Après le règne de l’illustre et glorieux El Mostancer, la dynastie hafside déclina rapidement : des guerres de pouvoir entre familles fragilisant la Tunisie, le pouvoir central n’est plus respecté, et la plupart des villes vivaient indépendantes : le Cheikh de Bizerte gouverna la ville en véritable roitelet, souvent en revolte contre le khalife, et toujours insolemment indépendant.

La Berbèrie désorganisée était prête pour l’asservissement.



3- Période espagnole.

A suivre....

A propos des tribus arabes des Béni Hilal et des Béni Soléim

Il convient d’entrer dans quelques détails sur les tribus arabes qui vont faire invasion en Afrique et avoir une si grande influence sur l’histoire de la Berbérie (Lybie; Tunisie; Algérie & Maroc). Deux grandes tribus arabes, celles des Beni Hilal et des Beni-Soleïm appartenant à la famille des Moder, s’étaient établies vers l’époque de l’avènement des Abbassides dans les Hedjaz, touchant à la province du Nedjd. Durant de longues années, ils avaient parcouru en nomades ces solitudes, s’avançant parfois jusqu’aux limites de l’Irak et de la Syrie et descendant d’autres fois jusqu’aux environs de Médine. Leur état normal était le brigandage, complément de la vie nomade ; elles ne manquaient, du reste, aucune occasion de se lancer dans le désordre, prêtant leur appui à tous les agitateurs et rançonnant les caravanes, sans même respecter celle que le khalife de Bagdad envoyait chaque année porter ses présents à la Mecque. Les Karmates avaient trouvé, dans ces nomades, des adhérents dévoués qui s’étaient associés à toutes leurs dévastations et les avaient suivis en Syrie. Lorsque les armées Fatimides passèrent en Asie, pour combattre les derniers partisans des Ikhehidites, elles en triomphèrent facilement ; mais bientôt elles se trouvèrent en présence des Karmates, soutenus par les Hilaliens et Soleïmides et se virent arracher une à une toutes leurs conquêtes. Il fallut recommencer la campagne, et ce ne fut qu’au prix de luttes acharnées que les Fatimides parvinrent à vaincre leurs ennemis. Le khalife El Aziz, voulant prévenir de nouvelles insurrections de ce genre, se décida alors à transporter au loin les turbulents nomades qui lui avaient causé tant d’ennuis. Par son ordre, les tribus de Hilal et de Soleïm furent, vers la fin du Xe siècle, transportées en masse dans le Saïd, ou Haute Égypte, et cantonnées sur la rive droite du Nil. Mais si, par cette mesure, le danger résultant de leur présence en Arabie était écarté, leur concentration sur un espace restreint, au cœur de l’Égypte, ne tarda pas à devenir une cause d’embarras nouveaux. Habitués aux vastes solitudes de l’Arabie, n’ayant, du reste, aucune ressource pour subsister, ces Arabes firent du brigandage un état permanent, de sorte que le pays devint bientôt inhabitable, tandis qu’eux-mêmes souffraient de toutes les privations. Cette situation durait depuis plus de cinquante ans et le gouvernement égyptien avait, en vain, essayé d’y porter remède, lorsque, par suite des événements que nous allons retracer dans le chapitre suivant, le khalife fatimide trouva l’occasion de se débarrasser de ces hôtes incommodes en les lançant sur la Berbérie

Lorsque El-Moez Ibn Badis se décida à se soustraire à l’obéissance des Beni-’Obeïd, il travailla d’abord à les déconsidérer dans l’esprit des peuples, en semant de fâcheux bruits sur leur compte. Il chercha même à corrompre leurs serviteurs. Il écrivit à cet effet au visir d’El- Mestamer, khalife d’Égypte, pour l’engager à trahir son maître. Sa lettre se terminait par ces vers : « Cesse de t’attacher à des yeux sans consistance, et dont un homme comme toi devrait ignorer même le nom.» Après avoir lu cette lettre, le visir dit à un de ses amis : «N’est-il pas surprenant qu’un homme du Mor’reb, un Berbère, veuille tromper un Arabe de l’Irak’ ? » Lorsque El-Moez se fut mis en révolte ouverte et qu’il eut reçu l’investiture du khalife de Bagdad, le visir conseilla à El-Mestamer de faire marcher contre lui des tribus d’Arabes. Ce prince goûta ce conseil, et fit partir les Arabes du Saïd, à qui il distribua de l’argent et abandonna Barka. Les Arabes qui allèrent ainsi en Afrique étaient les Riah’, les Zagba, et une portion des Beni-Amer et des Senan. Arrivés en Afrique, ils y commirent toutes sortes d’excès et se gorgèrent de richesses. Lorsque leurs amis d’Égypte apprirent cela, ils voulurent aller les rejoindre et offrirent de l’argent à Mestamer pour qu’il le leur permît. Le prince accepta leurs offres. Il retira plus d’eux, en leur permettant de se rendre en Afrique, qu’il n’avait donné à leurs devanciers pour les y pousser.

Ces nouveaux venus eurent d’abord à combattre les Zenata des environs de Tripoli. El-Moez marcha contre eux avec une réunion de Senhadja et de Zenata. Les deux partis se trouvèrent en présence. Les Zenata firent défection et les Senhadja prirent la fuite. El-Moez, entouré d’un corps de nègres de près de vingt mille hommes, résista plus longtemps qu’on ne devait l’attendre d’un prince que la fortune abandonnait ; mais, à la fin, il fut contraint de battre en retraite sur Mans’oura. Les Arabes s’avancèrent jusqu’à K’aïrouân. Il y eut entre cette ville et Rekkâda un combat où ils furent encore vainqueurs. El-Moez voulut alors négocier; il fit ouvrir les portes de K’aïrouân et permit aux Arabes d’entrer dans cette ville et d’y acheter ce dont ils auraient besoin. Il espérait les rappeler, par cette concession, à des sentiments plus modérés et les déterminer à retourner dans leur pays; mais il n’en fut pas ainsi les Arabes pillèrent la ville, en dispersèrent les habitants, se rendirent maîtres de toute la contrée, qu’ils se partagèrent et qu’ils ruinèrent complètement. El-Moez, voyant qu’il ne pouvait résister à ce torrent dévastateur, se retira à Mehdia, dont son fils Temin était gouverneur. Celui-ci alla à sa rencontre et lui rendit tous les honneurs qu’il lui devait comme à son souverain et à son père. El-Moez lui remit la conduite des affaires, et mourut en 453, après un règne de quarante-neuf ans. Il fut très-généreux. On dit qu’il donna en un seul jour 100,000 dinars à un de ses amis. Mais son règne fut continuellement agité par la guerre, tous ses commandants de province s’étant successivement révoltés contre lui. Il n’y a que Dieu dont l’empire soit solide et durable. 

Remarque :  Cette invasion de la Berbèrie par les tribus arabes de l’Égypte est un fait très-remarquable de l’histoire de cette contrée; mais il en est un autre qui, quoique peu connu, ne l’est pas moins : c’est une émigration très-considérable qui eut lieu de la Berbèrie en Égypte vers la fin du XVIIe siècle. A cette époque, grand nombre de tribus de Tunis et de Tripoli se portèrent dans les régions arides de la rive gauche du Nil, et pendant plusieurs années elles ne vécurent que des déprédations qu’elles commettaient dans la vallée de ce fleuve ; mais elles finirent par s’établir sur des terres que leur céda le gouvernement, et les cultivèrent. Depuis cette époque, ces hommes de proie sont devenus de paisibles fellah’, plus pillés que pillards. On peut voir à ce sujet, dans l’ouvrage de la Commission d’Égypte, les Mémoires de MM. Jomard et Aimé Dubois.

Composition et fractions des tribus arabes Hilaliennes et Soleïmites

Les tribus arabes qui passèrent en Afrique se composaient de trois groupes principaux, à savoir : 

1° Tribus de 1a famille de Hilal-ben-Amer : Athbedj, Djochem, Riah, Zor’ba. 

2° Tribus formées d’éléments divers se rattachant aux Hilal : Makil, Adi. 

3° Tribu de Soleïm-ben-Mansour : 

4° Tribus d’origine indécise, mais alliées aux Soleïm : Troud, Nacera, Azzu, Korra. 

  

Telles furent les tribus qui immigrèrent en Berbérie au Xie siècle et achevèrent l’arabisation de cette contrée. Il est impossible d’évaluer, même approximativement, le chiffre des personnes qui composèrent cette immigration, mais, en tenant compte du peu d’espace sur lequel les Arabes venaient d’être cantonnés et des années de misère qu’ils avaient traversées en Égypte, après avoir subi les causes d’affaiblissement résultant de leurs longues guerres en Arabie et en Syrie, on est amené à réduire dans des proportions considérables le chiffre d’un million donné par certains auteurs. Dans la situation où se trouvait alors la Berbérie, un tel nombre aurait tout renversé devant lui, tandis que nous verrons les envahisseurs arrêtés au sud de la Tunisie et forcés de contourner le Tell, en se répandant dans les hauts plateaux; de la, ils saisiront toutes les occasions de pénétrer, pour ainsi dire subrepticement, dans les vallées du nord, et il ne leur faudra pas moins de trois siècles pour arriver à s’y établir en partie. Nous verrons, lors du premier combat sérieux livré aux envahisseurs, à Haïderane, l’effectif des tribus Riah, Zorba, Adi et Djochem réunies, formant au moins le tiers de l’immigration, ne monter qu’à trois mille combattants ; or il est de règle, pour trouver approximativement le chiffre d’une population arabe, de tripler le nombre des combattants qu’elle met en ligne. Nous savons que ce chiffre de trois mille a dû être réduit à dessein afin d’augmenter la gloire des vainqueurs, mais, qu’on le multiplie par cinq, si l’on veut, on n’arrivera qu’à 45,000 personnes pour la population réunie de ces tribus. Pour toutes ces raisons, il est impossible d’admettre que l’invasion arabe hilalienne ait dépassé le chiffre maximum de deux cent mille personnes. A leur arrivée en Berbérie, les Arabes trouvèrent des conditions d’existence bien supérieures à celles qu’ils venaient de traverser ; aussi leur nombre s’accrut-il rapidement, ce qui eut pour résultat de subdiviser les tribus mères en un grand nombre de fractions. Pour faciliter les recherches, nous donnons, dès à présent, le tableau des subdivisions qui se formèrent après un séjour plus ou moins long dans le pays.

 

(*) In : « Histoire De L’Afrique Septentrionale » (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu’à la conquête française (1830), Tome 2; page 8  par Ernest Mercier.

(*) In : « Berbères » par Ibn-Khaldoun. , tome I, II, & III.

 


 

 

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commentaires

alia 12/10/2009 22:41


un vrai travail d historien, execellent resume de l histoire de bizerte a travers le temps.ton blog devient de plus en plus enrichissant bon travail.


M ABIDI 13/10/2009 21:19


Merci Alia et à la prochaine