Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 13:27

Suite

 

 

 



Ces onze cents années sont loin de présenter dans leur ensemble l’intérêt toujours palpitant qu’offrent les siècles dont nous avons déjà évoqué le souvenir.

 

A part quelques évènements brillants, tout ce millénaire ne renferme que quelques drames ou le sang ne coule d’ordinaire que pour la satisfaction d’intérêt privés et presque jamais pour une belle cause ou d‘avancement d’un progrès. Ce qui fait que ce souvenir de onze siècles tient aisément dans peu de pages.


 
1- Période arabe 

Pendant le premier siècle de l’occupation arabe, des émirs nommés par le Sultan, gouvernaient le pays. Ils eurent à lutter tout d’abord contre les Berbères qui s’étaient levés pour défendre leur indépendance, et qui, sous le commandement d’une femme, La Kahina (la prêtresse), combattirent pendant des années avec l’énergie du désespoir, pour sauver leur liberté. Les Berbères furent enfin écrasés, et la sinistre paix des déserts, dont Tacite* a dit « Ubi solitudinem faciunt, pacem appellant* »,  régna sur les champs dévastés de la Berbérie.

 

 *Où ils font un désert, ils disent qu'ils ont donné la paix.
Phrase mise par Tacite,( Publius Cornelius Tacitus) historien et  philosophe romain né en 55 et mort vers 120 ap. J.-C.), dans la bouche de Galgacus, héros calédonien, flétrissant les excès des Romains. Ces mots s'appliquent aux conquérants qui colorent leurs ravages d'un spécieux prétexte de civilisation.

   

En 800 succéda aux émirs  la dynastie Aglabide ; ce fut un commencement d’autonomie pour le pays, qui fut un vassal du khalife.


Enfin en 972, le khalif El Moez (Mo’izz) renonça à dompter les berbères, toujours en insurrection, et abandonna à la dynastie berbère des Zirides le gouvernement de la Tunisie. La domination de l’Afrique du nord échappait donc aux Arabes, et sans l’invasion des hillalienne, on ne rencontrerait pas actuellement plus d’Arabes en Tunisie, qu’on n’y trouve de Phéniciens, de Romains, de Vandales ou de Byzantins.

   

Depuis sa conquête par l’émir Hassan en 698, Bizerte avait été gouvernée militairement par les vainqueurs : une garnison Arabe fut installée dans la forteresse romaine située sur l’emplacement de la kasbah actuelle. Toute l’organisation locale fut supprimée. Les conquérants ne prélevaient pas d’impôts réguliers, mais exigeaient des contributions de guerre, en argent et en ravitaillements, quand le besoin s’en faisait sentir. Pendant cette période troublée de la conquête, il ne fut pas question d’administrer régulièrement le pays ; il n’y eut pas de fonctionnaires arabes, le commandant des troupes réunissait en ses mains tous les pouvoirs, au nom de l’émir ou du khalife.

 
2- Période Berbère

  A suivre…


A propos de la Kahina

 

 

Surnom de la « reine des Aurès » signifiant « la Prophétesse ». Al-Kahina régna sur plusieurs tribus de Berbères de l'Aurès, dont la sienne propre, celle des Djarawa, de 685 environ à 704 ou 705.

À la fin du VIIe siècle, l'Afrique du Nord voit s'affronter trois forces : les Byzantins d'abord, solidement implantés sur les côtes, avec Carthage surtout et Septem (Ceuta) comme points d'appui ; les Arabes, ensuite, qui arrivent de l'est et tentent de pénétrer en Ifriqiyya (actuelle Tunisie) et, de là, dans tout le Maghreb (Occident) ; les Berbères enfin, habitants des lieux, groupe homogène du point de vue ethnique mais profondément divisé selon qu'ils sont nomades ou sédentaires, agriculteurs ou citadins commerçants, chrétiens ou juifs. Carthage tombe (695) devant Hasan ibn al-Nu'man al-Ghassani, nouveau gouverneur de l'Ifriqiyya. L'empereur Léontios réussit à reprendre la ville, mais seulement pour trois ans. De son côté la Kahina parvient à refaire l'unité berbère autour de sa personne et de sa tribu. Elle écrase l'armée d'Ibn al-Nu'mân, sur les bords de la Miskiyâna (près de Tébessa) dans le Constantinois et la repousse en Tripolitaine. En 798, Ibn al-Nu'man reporte ses efforts sur Carthage qu'il enlève, mettant les Byzantins en déroute : la maîtrise des mers dans le bassin occidental de la Méditerranée passe aux Arabes. Ibn al-Nu'man fonde Tunis.

Un seul obstacle se dresse encore devant l'avance des Arabes vers l'ouest : la Kahina et le royaume qu'elle a constitué au Maghreb. Âme d'une résistance intransigeante, elle aurait pratiqué la politique désespérée de la terre brûlée, saccageant le pays, détruisant les villes et brûlant les plantations pour en détourner les Arabes et les décourager. Cette politique lui aliène la population sédentaire, tant citadine (grecque et berbère) que campagnarde. Ibn al-Nu'man tire parti de cette situation, réclame et reçoit des renforts armés que le calife ‘Abd al-Malik vient de lui envoyer (702) et reprend l'offensive. La tradition veut qu'à la veille de la bataille qu'elle savait décisive, la Kahina, plaçant l'intérêt de la famille avant celui de la tribu, ait intimé l'ordre à ses deux fils de rejoindre les rangs des Arabes. Y ont-ils, en sus, reçu un commandement et poursuivi la guerre contre les Berbères ? Certaines sources le prétendent. La bataille eut lieu à Tabarqa. La Kahina y fut vaincue et décapitée au lieu dit depuis Bir al-Kahina (le puits de la Kahina). La voie vers l'Atlantique était ouverte aux Arabes. L'histoire de cette femme fougueuse et indomptable (la « Déborah berbère ») est en grande partie légendaire : les romanciers s'en sont emparés.

Partager cet article
Repost0

commentaires